La question revient systématiquement lors des réunions de la communauté : comment, concrètement, construit-on un système d’exploitation souverain ? Faut-il réinventer la roue ou s’appuyer sur l’existant ? Le groupe de travail technique d’HexaOS a publié son document de vision, dont voici les grandes lignes.
Principe fondateur : ne pas réinventer la roue
La position du groupe technique est claire et non négociable : un OS souverain français en 2025 doit impérativement s’appuyer sur le noyau Linux. Créé par Linus Torvalds en 1991, Linux est aujourd’hui le noyau le plus audité, le plus testé et le plus robuste de l’histoire de l’informatique. Plus de 15 000 ingénieurs du monde entier y contribuent, dont des équipes chez Google, Intel, Red Hat, IBM et de nombreuses universités.
« Prétendre construire quelque chose de plus sûr que Linux en partant de zéro avec une équipe de quelques centaines d’ingénieurs serait de l’hubris », écrit le groupe technique. « Notre valeur ajoutée se situe au-dessus du noyau : la distribution, les outils de sécurité spécifiques, les interfaces utilisateur et les politiques de mise à jour. »
L’architecture proposée en trois couches
Le groupe technique propose une architecture en trois couches. La première, le noyau Linux avec des patches de sécurité supplémentaires validés par l’ANSSI et une politique de mise à jour sous contrôle français. La deuxième, un ensemble de composants système open source auditables : systemd, X.org/Wayland, des navigateurs basés sur Firefox et Chromium. La troisième, une interface utilisateur adaptée aux usages administratifs français, avec des fonctions de conformité RGPD intégrées nativement.
Le modèle Kylin OS comme référence
L’équipe technique s’est particulièrement intéressée au cas chinois de Kylin OS, une distribution Linux déployée sur des millions de postes administratifs en Chine. « Ce n’est pas un modèle politique que nous cherchons à imiter, mais un modèle technique », précise le groupe. « Les Chinois ont montré qu’il est techniquement possible de créer une distribution Linux stable, sécurisée et adaptée aux besoins d’une administration publique à grande échelle. »